Eczéma








 
Le corps attend bien
Le corps attend longtemps
Il attend presque sans trembler
Et soudain dans un éclat confesse tout l'impérieux de son besoin
Ma peau craque
Je tiens la tête au-dessus de ses braises
Je n'ai pas la réponse
Cela ne me sera pas pardonné
Je n'ai pas la réponse
Tant de hoquets retenus par ce corps qui ne sait plus l'impatience
Qui pèse de la fatigue à n'exister que pour sa propre fin
En place des mains qui veillent à dessiner sa limite
Des mains qui veillent à le définir
L'eczéma m'avoue
Brûlant et toxique comme une eau-de-vie de contrebande
Un passage en force à travers les vigilances
Je n'ai pas la réponse
Criblant le dos, lacérant le ventre
Le cilice de mes amours déchues
De larges plaintes à vif et la sueur qu'elles pleurent
Chaque nuit, s'échauffant aux insomnies baroques
De l'absence d'une autre peau
Qui veille à le définir en parlant doucement
Rien de l' insolence ne résiste à l'abandon des chairs





Juin 2016