Retour à la source







Faudra-t-il donc que la nuit soit devenue claire
Que les gestes des départs s'enchaînent sans se heurter
Faudra-t-il qu'il n'y ait plus à retrouver que l'air mentholé des halls
Et leurs ascenseurs rutilants
Pour que, c'est presque un silence
Pour que ne battent les systoles enfin qu'en m'écoutant ?
Pas de spectacle à inaugurer
Sauf celui de mon jeu éphémère
Pas de preuves à donner
Sur ma façon de subsister en me courbant
Pas d'exaltation
Est-ce donc ce qui manquerait ?
Quand tout s'annonce intéressant simplement ?


Je viens vers un pays où jadis j'ai cru perdre ma sève
Lâchée çà et là sur les plate-formes d'une attente sans corps
Un pays où l'homme était sombre et dur
Dressé contre la question posée à mon destin
L'écrivant sans moi puis me laissant en déchirer la page
Avec les dents
Je reviens là où j'ai brandi l'étrange
Comme une arme contre l'oubli et l'ennui d'exister
Ma quête d'un appui est devenue légère
Et avec elle l'empoignade de l'autre
Le réveil fût interminable
Traçant un trait sur la cacophonie de la cité 
Je ne dessine plus que des ombres qui se taisent







New York moins cinq jours
Décembre 2015