De loin




Le point fulgurant, à peine visible me surprendra
J'en perdrai le souffle au bord de son haleine
Voir !
Voir !
Abrupte aux folles secousses de l'inutile
De retour, de loin en mes terres salées
La pente est haute et j'y titube, usée jusques aux dents de cet amour mutique
Les possibles libéreront le son grave des glas
Puis le frissonnement des pierres
Et je saurai mieux
Je saurai, prudemment, sous mon ombre
Le fil de ce temps lié frisant autour du cou
Je descendrai, sensible à la belle indifférence de la pendaison
La pensée vide enfin de tout ce qui m'est à jamais perdu
Humide de gratitude d'être encore à demi
L'hémorragie sucrée asséchée de silence
Cette peine pesante aux bras de mon attente
Je l'aurai enfin émiettée




Avril 2015