Ce que chacun peut








Le pas est incertain, reconduit sur des rails dont tu ne vois plus les traces
De l'approximatif comme devoir
C'est étrange, l'inconnu
Accroché à des affaires qui semblent obsolètes
Le nez cherche l'air
Pas de ligne offerte aux méandres de l'apocalypse

Débrouille-toi, dévaste-toi, déménage-toi !
Radicalement à peu près
Au mieux de ce que tu peux, surnage !
Le spectacle est source de nausée chronique
Ferme les paupières aux rasoirs des horreurs
Pleure au dedans d'une tristesse sans fond, n'attends pas

L'amour des tiens et des leurs, tu le regardes s'enflammer
Indistinct sous les huées de la foule
La masse s’affole, disparais !
Tu serres le mouchoir de la raison comme la bouée de tes vieux rêves
Serrée autour des narines de ton entendement
Basculée, soumise aux rébellions indéracinables

Fais au mieux ton labeur, sondant les limites de ta grâce
Sans espoir pour le lendemain des échéances
La sagesse a fondu sous des coulées d'envie
Tu sais que le vil est noué à la rédemption
Et qu'il s'y cache comme son cancer secret

Fais au mieux
Fais au mieux
Fais au mieux
N'espère rien. 





Janvier 2016