Reddition




L'atterrement, celui qui laisse immobile, planté au centre d'un sens caché
Réside comme le Prince despotique qu'il est dans cet univers sans conduite
Il est au-dessus de ce qui, jour après jour, heure après heure garantit, toujours par surprise
Que jamais la paix n'adviendra, que jamais le monde et ses saltos ne m'accorderont la grâce
Malgré les années zélées, l'application à se sortir indemne des basses fosses
Des fils étrangleurs des gouvernances tentaculaires
Jamais, jamais, jamais ne viendra la quiétude
Celle qui ne peut se manifester que dans une libération
Échappant à la tension constante de l'épreuve lovée au creux acide de l'estomac


L'empire des industries est féroce, sa providence ne m'apprécie guère
Œuvrant avec un talent presque insensé sur le chemin où j'attends avec calme le moment où les tempêtes se calmeront enfin
Il heurte de son poids de bête mon crâne pour me persuader que je crois aux miracles
Et que c'est une faute grave
C'est fait, je sens avoir touché un bord difficile à cerner, mais que je reconnais sans hésitation comme celui de mes limites
Voilà, je jette l'éponge au dernier Urubu, baisse les bras, je refuse le combat
Trop d'années dans ce corps soumis aux assauts sans frein des malchances et des coups bas
Trop de riens vides, trop de peines pleines

Et si j'attendais encore une ombre protectrice contre les UV acharnés à me brûler de la tête aux pieds
Je sais maintenant, je sais, au centre de cette arène désertée que de l'ombre, il n'y en a pas
Seul reste un nœud étranglé dans l’œsophage avec lequel je devrai m’accommoder à disparaître
Me disant aussi d'une voix claire que, quitte à être ainsi pointée par le doigt d'une malchance exemplaire
Je pourrai aussi bien aller moi-même  le couper, me taillant partout ailleurs
Du moins, là où j'ai cru être.





Mai 2015